Le vif succès rencontré par les deux éditions précédentes de l'ouvrage ainsi que les nombreuses réactions des lecteurs m'ont encouragé à poursuivre l'aventure et vous avez entre les mains la troisième édition de Fusions Acquisitions. Le contenu de cette nouvelle édition, directement issu d'une longue et double expérience de banquier d'affaires et d'enseignant de finance d'entreprise, reflète une profonde volonté de changement dans la continuité conceptuelle des précédentes éditions : le lecteur (re)trouvera ainsi le diagnostic stratégique et financier, les méthodes d'évaluation, le rôle des conseils et de l'équipe projet, l'importance des due diligences, les techniques de négociation, les principales modalités de rapprochement entre deux entités (cession, apport de titres ou d'actifs, fusion absorption, alliances…). Cependant, la crise financière de 2008, par son ampleur et ses conséquences, donne un écho particulier au contenu de l'ouvrage qui rappelle à plusieurs reprises qu'un projet de croissance externe est une opération fondamentalement risquée. Une discipline rigoureuse est nécessaire à chaque étape depuis l'analyse financière et les travaux d'évaluation jusqu'à la phase de structuration en passant par la phase de due diligence et de négociation.
Ainsi, il m'a semblé important de repenser complètement les chapitres consacrés aux travaux de valorisation (en y ajoutant les différentes décotes), aux opérations de LBO, d'intégrer les nouvelles dispositions en matière d'offres publiques, les différentes formes de scission, le développement des prises de contrôle lors des restructurations financières. En outre, les problématiques de gouvernance dans les opérations de rapprochement ont justifié la création d'un nouveau chapitre qui traite du contenu des pactes d'actionnaires, des fonds activistes et des offres non sollicitées. Les derniers développements en matière de droit de la concurrence et de droit social ont également été intégrés à la présente édition. Deux nouveaux cas inspirés d'exemples réels et récents de transactions offrent au lecteur la possibilité de mettre en pratique les outils et les concepts présentés dans les différents chapitres. L'ouvrage conserve également son caractère d'instrument de travail : un index élargi et un glossaire permettent au lecteur de retrouver la signification des principaux termes utilisés, ainsi que leur équivalent anglo-saxon, pratique qui est bien souvent la règle en cette matière. Enfin, chacun des 22 chapitres débute par un résumé de ce qu'il faut retenir et est complété par des questions et/ou des références bibliographiques ainsi que des adresses de sites Internet utiles.
Cet ouvrage est avant tout dédié, d'une part, à mes étudiants qui retrouveront l'essentiel de leur enseignement et me font progresser chaque année un peu plus par leurs questions et commentaires sur mes supports de cours et, d'autre part, à mes clients (entreprises industrielles et fonds d'investissement) qui m'offrent l'occasion d'apprendre chaque jour quelque chose de nouveau, chaque transaction étant un cas particulier. Qu'ils en soient ici remerciés et je dois avouer que certains exemples n'ont pas été choisis totalement au hasard…
Je voudrais profiter de cet avant-propos pour remercier également tous ceux qui ont contribué directement ou indirectement à cette nouvelle édition et, en premier lieu le professeur Yves Simon qui m'a apporté un soutien sans faille, Bertrand Jacquillat et Daniel Beaumont qui m'ont permis d'utiliser leurs précieuses données sur la prime de risque, Sonia Bonnet-Bernard, Laurent Durieux, Renaud Gassin pour la couverture de cette édition, Mofdi Gassoumi, Jean Michel Moinade qui sait rendre simple un produit dérivé complexe, Arnaud Saint-Clair. Merci également à Thomas Devineau qui m'a apporté une aide précieuse pour le cas Soulay inspiré d'une opération récente à laquelle il a participé. Alexandre Kaufmann, qui a été bien plus que la cheville ouvrière de cette nouvelle édition, mérite une mention particulière franco-britannique, ainsi que Catherine Hersent qui l'a relu intégralement de son œil implacable. Je n'oublie pas tous ceux qui ont participé aux éditions précédentes comme Élodie Blanc, Louis Bourrousse, Mathieu Carles, Grégory Canto, Jean-Pierre Colle, Benoît de Courcelles, Bruno Delingette, Franck Godet, Arnaud Jaguin, Xavier Paper, Agnès de Pétigny, Thibault Richon, Xavier Vamparys et Pascal Werner.
J'ai une pensée particulière pour mes héroïques collègues qui, comme moi, enseignent la finance dans un monde qui aime de moins en moins la finance : Blaise Allaz, Franck Bancel, Laurent Batsch, Joël Bessis, Emmanuel Goldstein, Uli Haege, Antoine Hyafil, Philippe Kienast, Bernard Marois, Christophe Nijdam, Jacques Olivier, Philippe de Verdalle et qui ont tous répondu présent lorsque j'ai eu besoin de leur compétence. Un merci affectueux à mon épouse Véronique et nos deux enfants, source d'énergie indispensable pour mener à bien cette nouvelle édition.
Je garde à l'esprit la mémoire de Pierre Vernimmen (1946-1996) dont la rigueur intellectuelle alliée à une grande ouverture d'esprit, le charisme managérial, et l'exceptionnelle capacité à conceptualiser les questions financières m'ont profondément marqué.
Le contenu de cette nouvelle édition a vocation à évoluer en fonction des réactions de son lectorat tant sur le fond que sur la forme. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires sur le site Internet dont l'adresse figure ci-dessous. Vous y trouverez également les réponses aux questions posées à l'issue de chaque chapitre ainsi que du matériel pédagogique complémentaire afin d'approfondir les grands thèmes de l'ouvrage.
Bonne lecture !
Franck Ceddaha
www.fusions-acquisitions.org
Ancienville, Juillet 2010